Article du Président de la CDA2A (ex Pdt de l'ILOCC) envoyé à la presse le jeudi 7 aout 2008 (non paru au 12/08/08)
"les mensonges du Président de l'ODARC"
La polémique déclenchée autour du plan de relance porté par l'ILOCC m'oblige à sortir de ma réserve pour apporter les précisions suivantes :
Président de l'ILOCC de 2003 à février 2008 j'ai, avec le conseil d'administration de l'ILOCC, élaboré, présenté le plan de relance de la filière ovine caprine et signé toutes les conventions de mise en œuvre de ce dernier. Contrairement à ce qu'affirme le Président de l'Odarc dans le Corse-matin du 05 08 08, ce plan de relance est bouclé, les actions ont été menées à leur terme et les justificatifs fournis à l'Odarc. Il ne reste plus qu'à payer les éleveurs qui y ont adhéré et fait l'avance des crédits sur leur trésorerie personnelle. Seulement voilà, il y a l'Odarc : tout agriculteur qui a déjà fait un dossier Odarc, toute association professionnelle dont les crédits passent par l'Odarc, ont pu constater que le président et l'équipe de direction de l'Odarc bloquent volontairement les crédits, parfois pendant plus d'un an. D'ailleurs, il est à noter que la plupart de ces associations n'ont toujours pas reçu les crédits 2007. Pour les plus chanceuses, elles épuisent leurs ressources financières, pour les autres, la situation est dramatique et elles sont obligées d'envisager de contracter des prêts bancaires pour pouvoir payer leurs agents et animateurs.
Cette situation n'est pas exceptionnelle, elle perdure depuis plusieurs années, depuis que le président de l'Odarc et son équipe de direction affichent leur volonté boulimique et hégémonique de contrôler et d'imposer la politique en matière de développement agricole en Corse.
Ne dit-on pas que l'argent est le nerf de la guerre ? Pour le président de l'Odarc et son équipe de direction, bloquer volontairement les crédits ne sert qu'à asservir les représentants professionnels pour qu'ils soient constamment dans une position de quémandeurs, et à appauvrir les agriculteurs corses pour qu'ils soient totalement dépendants du bon vouloir de l'Odarc. Cette volonté couplée à une véritable campagne de propagande médiatique sous couvert de communications conduit d'ailleurs nos concitoyens à croire que le président de l'Odarc et son équipe de direction ne travaillent qu'au bien-être de l'agriculture corse, et que les agriculteurs corses ne sont que des mendiants, avides de fonds publics et qui en demandent toujours plus.
Il est inquiétant de constater que le président de l'Odarc et son équipe de direction puissent agir de la sorte sans que les Présidents de la Collectivité et de l'Exécutif ne réagissent malgré que ces faits soient régulièrement dénoncés par les associations professionnelles. Cela nous ramène à un passé encore très proche : il n'y a pas si longtemps que ça, quand des Corses se servaient de moyens politiques et financiers pour asservir d'autres Corses, on appelait cela du clanisme, aujourd'hui on appelle cela la mise en œuvre de la politique de la CTC.
Je ne me fais aucune illusion sur les états d'âme du Président de l'Odarc concernant l'Ilocc, il n'en a aucun.
Si l'Ilocc avait vocation à être un lieu de débat et de concertation - ce qui ne s'est pas fait sans mal pendant des années, avec des débats houleux, parfois presque violents entre les différents acteurs de la filière réunis au sein d'un même conseil d'administration, mais qui a permis d'obtenir la reconnaissance nationale de l'ilocc, de mettre en place une charte de qualité sur les fromages, de commencer à travailler sur un AOC fromage Corse, d'élaborer un plan de relance de la filière, cela a cessé fin 2007, le jour où le président de l'Odarc et le préfet de Haute-Corse ont reçu en aparté quelques laitiers pour les aider et promouvoir leur politique d'importation de lait. Les ingérences constantes du président de l'Odarc et des représentants de l'Etat sont à l'origine de la situation dans laquelle se trouve l'Interprofession laitière.
L'Ilocc n'est plus que l'ombre d'elle-même, et si le président de l'Odarc et l'Etat veulent la préserver ce n'est que par intérêt, pour maintenir l'illusion qu'ils travaillent la main dans la main avec la profession.
Jean-Dominique MUSSO
Président démissionnaire de l'Ilocc
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