Etienne SUZZONI, Président de la Chambre d'Agriculture de Haute Corse est un brave garçon (« ah bon, me disait ces derniers jours un de ses concitoyens, je croyais qu'il était vigneron ! ») et nul , n'en doute. C'est l'image caractéristique, que ce personnage au physique imposant s'est forgé depuis ses prises de fonction en 2000, à la tête de l'organisme consulaire.
Mais aujourd'hui et dans le cadre de ses fonctions justement, le président est bien seul !
Il est depuis plus d'an maintenant, coupé de sa Directrice d'établissement, une brouille qui malgré un affichage consensuel doit peser lourdement sur la gestion et l'administration de la Chambre.
N'oublions pas que le Président Suzzoni, lors des dernières élections a perdu la légitimité de la représentation des exploitants, le collège des agriculteurs ayant été remporté par la FDSEA2B
Il est aussi un peu « laché » par ses seuls amis agriculteurs élus, notamment ses vices présidents.
Le premier ne participe plus à aucune réunion de la CDA, il a été écarté de toutes les délégations qui semblaient pourtant pouvoir lui être dévolues. Le second est constamment absent pour cause d'indisponibilité, en effet ses nouvelles prises de fonction (mairie de Tallone et présidence de la SAFER) ne lui laissent que peu de temps à accorder à l'institution consulaire. Le troisième est un peu en retrait car en délicatesse avec les prud'hommes, contesté dans son rôle d'employeur à la tête de sa coopérative. Le dernier enfin, et bien que lui aussi très impliqué dans les élections communales et la représentativité professionnelle ne peut raisonnablement assumer tout seul, il fait cependant souvent acte de présence et de soutien passif..
La majorité du personnel technique a donc aujourd'hui du mal à assumer sur le terrain, l'absence d'encadrement des élus de la Chambre.
Englué dans la défense et la promotion d'une politique agricole pastoraliste pour laquelle il a du mal a en comprendre le seul concept, (malgré l'acquisition tardive d'une trentaine de bovins), le Président est aussi dans les faits, peu soutenu par les représentants de la majorité régionale.
Un moment pressentit comme l'un des futurs poulains de l'UMP régionale aux prochaines territoriales, on le sent politiquement seul. Il est en effet peu consulté sur les grands dossiers du développement agricole ou du foncier. Dans le premier cas il est mis en difficulté sur sa propre commune (où il vient de se faire élire et d'être nommé 3eme adjoint) où des terrains agricoles sont frequement mis en vente à des prix exhorbitants à des fins spéculatives. Pour ce qui concerne les orientations de l'agriculture l'ODARC et ses services semble avancer sans relation aucune avec le Pdt qui ne siège d'ailleurs plus au Bureau suite à la déroute des élections aux chambre.
Il est pourtant chargé par les tenants de la majorité régionale, d'assumer une part importante de la représentativité professionnelle au moment même où cela devient difficile au sein de la seule Chambre de Haute Corse. On lui demande aussi d'assumer la présidence de la Chambre Régionale qui n'est qu'une coquille vide, la Chambre du Sud refusant d'y siéger. Il a été obligé de s'allier aux perdants des deux départements pour y simuler une gouvernance.
Il est donc garant malgré lui, de la politique de l'éxécutif régional en matière d'agriculture et de développement rural.
Le président est un homme seul, avait-il d'autres choix que celui de s'allier officiellement avec son adversaire de toujours ?
Dans les couloirs de l'organisme consulaire on sussure qu'il pourrait même « passer » la main dès l'AG de la rentrée, au bouillant fium'orbacciu…. Las d'avoir à porter sur ses seules grandes épaules les problématiques de l'activité agricoles en Corse un passage de flambeau à l'actuel Pdt de la FDSEA serait donc à envisager ! ….A voir comment prendrait la chose la majorité des électeurs des deux camps qui se sentiraient cocufiés par la démarche. |